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La semaine prochaine, ce sera l’ouverture de la nouvelle année scolaire. Les autorités du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle ne savent pas encore si les milliers d’ouvrages scolaires subventionnés par l’État seront disponibles, à six jours de l’échéance. Une autre subvention financière, modulée selon le niveau de revenus des fonctionnaires de l’État serait disponible pour ceux-ci mais les modalités d’allocation sont encore un peu floues. On parlait aussi d’un possible quatorzième mois de salaire à offrir pour atténuer la situation de précarité des employés de l’État, à l’occasion de cette rentrée des classes. Cela sent l’improvisation à plein nez, on se débrouille comme on peut. On devrait s’attendre à un peu plus de sérieux et d’encadrement administratif de la part de nos officiels mais ce gouvernement, pour le moment, ne fait ‘’qu’expédier’’ (le terme est fort à propos) les affaires courantes comme il peut. Beaucoup de parents ne savent pas encore s’ils pourront envoyer leurs enfants à l’école. Pour bon nombre d’entre eux, les perspectives sont plus clairement définies. Ils n’en auront tout simplement pas les moyens, à moins d’un miracle. Notre pays fonctionne à coup de miracles. On ne sait jamais ! Peut-être qu’un cousin, un frère, une sœur, un oncle ou une tante en diaspora acquittera la facture une autre fois et volera au secours de tous ces parents mal pris au pays, pour accompagner leurs enfants dans les dédales de notre système éducatif. Et encore, quel système éducatif performant !

Malgré toute la peine qu’on se donne pour inscrire nos enfants à l’école, malgré tous les sacrifices consentis par les parents et par la famille élargie, il ne semble pas que les résultats soient au rendez-vous pour couronner ces efforts. À analyser les chiffres compilés dans ce domaine, il y a de quoi être pessimiste quant à l’avenir de nos enfants, compte tenu de la qualité de l’offre d’éducation au pays. Les données du dernier recensement scolaire effectué en 2016 pour le compte de la Direction de la Planification et de la Coopération Externe (DCPE) et du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) établissent que l’enseignement classique en Haïti dénombre 3 378 790 élèves, distribués dans un peu plus de 17 000 écoles dont 16 000 écoles primaires. De ce nombre, 12% est du secteur public et 88% relève du secteur privé. Dès le départ, j’avance ces chiffres pour asseoir et orienter la réflexion que doit inspirer ce retour en classe. Ils sont le fruit d’une recherche d’informations factuelles et avérées, pour saisir les dimensions du défi que doit relever le MENFP et pour évaluer l’état d’avancement des préparatifs pour ce grand rendez-vous annuel. Au terme de mes recherches sur la Toile, je suis parvenu à la conclusion que ce défi est d’autant plus grand que les ministres de l’éducation, qui se sont succédé à la tête de ce ministère au cours des récentes années, semblent avoir tous ou presque tous échoué, tellement le tableau est sombre. Voici en un coup d’œil l’état des lieux dans ce domaine.

  • « Environ 380 000 enfants âgés de 6 à 11 ans ne fréquentent pas l’école… 38% des enfants entre 7 et 18 ans n’ont jamais été à l’école.
  • On estime que plus de 1 500 000 élèves, soit 72% des effectifs des deux premiers cycles du fondamental sont des surâgés. Ce phénomène des surâgés, caractéristique du système, limite les places disponibles dans les écoles, affecte l’efficacité interne du système et décourage les élèves, favorisant ainsi la déperdition scolaire.
  • Dans les deux premiers cycles du fondamental, on compte 70 009 enseignants… 28% étaient des femmes et 72% de sexe masculin. 26,3% de ces enseignants sont des normaliens diplômés.
  • La déscolarisation précoce des enfants constitue également un enjeu majeur pour le système éducatif. On estime en effet que seulement 2 enfants sur 10 qui entrent en 1e année du primaire, atteindront la 5e année et encore moins de 2% termineront le secondaire’ »

(Source : Cycles scolaires et enseignement en Haïti; 2010-2018; Directeur de publication : Breban Christian)

 

Une fois établie cette radiographie de la situation, je me suis arrêté à ces constats navrants pour tenter de voir quels sont les moyens prévus par l’État pour la corriger. En 2017-2018, les données n’ont pas vraiment changé pour le mieux. Même qu’elles se sont dégradées un peu plus, en raison des débrayages cycliques de professeurs un peu partout à travers le pays pour cause de non-paiement des arriérés de salaire. Des directeurs d’établissements scolaires aussi s’y sont joints à quelques occasions, pour réclamer des paiements arriérés du Programme de scolarisation universelle, gratuite et obligatoire (PSUGO) qui n’aurait pas été honorés. Ce programme accusait une dette de 3 milliards de gourdes, selon une déclaration du ministre Josué Agénor Cadet, en mai 2017. En outre, le système scolaire a subi une autre balafre lors de la rentrée des classes de l’an dernier, en raison du scandale des kits scolaires. Ajouté à cela, il y a le sous-financement chronique du secteur de l’éducation dans le budget du pays. Finalement, il n’y a pas de réponse concertée de l’État pour corriger ces problèmes qui vont en s’empirant.

Les ministres de l’Éducation des dernières années ne sont pas nécessairement des nuls. Du ministre Nesmy Manigat jusqu’à l’actuel ministre, Josué Agénor Cadet, ils ont pour la plupart un curriculum intéressant qui les habiliterait à relever efficacement les défis qui affligent le système éducatif. Mais ils ont tous fait face à un problème de taille auquel ils n’ont jamais pu trouver une solution adéquate : la disponibilité des ressources. Dans le budget de l’État, pour l’exercice en cours et qui prendra fin bientôt, au secteur de l’éducation on a consacré environ 3,7 milliards de gourdes en ressources internes et 6,6 milliards de gourdes en provenance de ressources externes, pour un total d’à peu près 10,363 milliards de gourdes. Soit environ une enveloppe de 3 072 gourdes, donc moins de 50 dollars U.S par élève par an, au taux de 65 gourdes pour un dollar. Considérant que notre devise s’est encore dépréciée au cours de l’année courante pour atteindre le taux de 70 gourdes pour un dollar, cela veut dire encore moins de ressources effectivement allouées à l’éducation de nos enfants. Sans vouloir dédouaner nos gestionnaires du secteur de l’éducation, on peut constater que le manque de ressources financières dédiées à l’éducation est un facteur important dans la mauvaise performance de ce secteur. Il y a une corrélation évidente entre les résultats obtenus et les moyens investis dans ce domaine. C’est un sophisme de prétendre faire plus et mieux avec moins ou peu. Je défie quiconque de soutenir le contraire.

Lorsqu’on combine tous ces facteurs négatifs, pour redresser la barque, on doit s’attendre à un effort majeur et des moyens financiers adéquats et soutenus de l’État, pour corriger à la fois l’offre d’éducation et la qualité de l’enseignement offert, en vue d’améliorer progressivement mais sensiblement les résultats. Toutefois, en lieu et place, nous avons régulièrement droit à des discours de politiciens sans suites réelles ou à des initiatives ponctuelles de techniciens bien-pensants, sans appuis financiers adéquats ou gérés rigoureusement.

C’est ainsi qu’on erre depuis plusieurs décennies. On passe d’une réforme à une autre, sans mettre pleinement en œuvre, ni l’une ni l’autre. La qualité de l’éducation se dégrade d’année en année. Elle est très différente d’une institution à une autre. On se trouve ainsi en face d’un système à vitesses multiples. On a quelques écoles de qualité pour une petite élite, quelques autres plus ou moins acceptables et beaucoup d’écoles «borlette» qui fournissent une éducation à rabais. De la réforme Bernard en 1982 qui voulait réorganiser l’éducation en Haïti en trois filières, on en a retenu l’essentiel effectivement. Toutefois, la mise en œuvre de la filière technologique ou professionnelle exigerait des investissements importants et renouvelés fréquemment, pour former des techniciens performants dans leur domaine de spécialisation. Par ailleurs, l’exode massive éventuelle de ces techniciens formés à grands frais, faisait en sorte qu’un tel investissement était un ‘’pensez-y bien’’ pour un pays qui manque de ressources à tous les niveaux. Il en est d’ailleurs de même pour nos autres diplômés de tous ordres qui se retrouvent rapidement sous des cieux plus accueillants et disposant d’un marché de l’emploi plus alléchant. Une réforme de la filière technologique ou professionnelle avait bien été envisagée en 1989 mais elle a été abandonnée bien vite, particulièrement pour des considérations financières, entre autres. Après la débâcle d’un taux de réussite de 27 % aux examens du baccalauréat en 2014, le ministre Nesmy Manigat avait entrepris ses fameuses douze (12) mesures devant régler, à terme, le problème de faible taux de réussite aux examens d’État. En fait, on avait convenu de traiter le symptôme, pas le mal en soi. Essentiellement, on a retenu deux mesures en particulier : l’annulation des examens officiels de rhétorique et l’instauration du bac unique (la philo). À la vérité, cela n’a pas contribué effectivement à remonter tellement les résultats. En effet, en 2016-2017, le taux national de réussite était de 29,64%, soit une légère augmentation de 2,64% par rapport à celui historique de 2014. Bref, nous patinons en pleine médiocrité dans le secteur de l’éducation.

La semaine prochaine, l’année scolaire repart officiellement, avec toutefois beaucoup d’incertitude pour les parents qui peinent à trouver les moyens pour payer la facture de la rentrée scolaire de leurs enfants mais aussi pour tous ces enseignants qui n’ont pas encore reçu leurs salaires arriérés. Les syndicats de ces derniers menacent d’ailleurs de recourir à la grève, perturbant ainsi une situation déjà problématique pour plus d’un. Mais la rentrée scolaire, c’est aussi un grand acte de foi pour de nombreux élèves fréquentant des écoles mal dotées, avec des enseignants sous-qualifiés, utilisant encore, pour la plupart, un matériel d’enseignement désuet. Voilà autant de points qui nous interpellent et qui obscurcissent une rentrée des classes placée sous des auspices douteux.

Pierre-Michel Augustin

le 28 août 2018

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